La suppression de la déductibilité des intérêts des crédits hypothécaires pour les biens d’investissement modifie sensiblement l’arbitrage fiscal en Belgique.
En personne physique, les intérêts d’emprunt ne sont désormais plus déductibles pour une seconde résidence ou un bien locatif. L’imposition reste basée sur le revenu cadastral indexé majoré (en cas de location à usage privé), sans possibilité de déduire les charges réelles.
En société, la logique est différente :
Le taux d’impôt des sociétés est de 25 %, mais peut être réduit à 20 % sur la première tranche bénéficiaire sous certaines conditions. Par ailleurs, une distribution optimisée (par exemple via le régime VVPRbis ou réserve de liquidation) permet de réduire la taxation effective des dividendes dans une logique de planification.
Ci-dessous une illustration par un exemple simplifié
Hypothèse :
En personne physique
Les intérêts ne sont plus déductibles. La fiscalité reste liée au revenu cadastral (et non au loyer réel), mais l’effet de levier fiscal du crédit disparaît.
Résultat : le financement par emprunt n’apporte plus d’avantage fiscal direct.
En société
Revenus : 24.000 €
Charges déductibles :
Résultat imposable : -3.000 €
Dans cet exemple, la base imposable est quasi nulle les premières années grâce aux intérêts et amortissements.
Si un bénéfice apparaît ultérieurement :
Conclusion
La suppression de la déduction des intérêts pénalise surtout les investissements fortement financés en personne physique.
La société patrimoniale redevient pertinente lorsque :
Le choix n’est toutefois jamais automatique. Il dépend du niveau d’endettement, de l’horizon d’investissement, de la stratégie de sortie et de la situation personnelle de l’investisseur.
Dans le contexte actuel, une simulation chiffrée préalable est devenue indispensable avant toute nouvelle acquisition.
A cet effet, consulter son conseiller patrimonial est devenu incontournable avant de se lancer dans un nouvel investissement immobilier.